mercredi 9 avril 2014

Pas fine

M. Jets est quelqu'un de très traditionnel. Élevé dans des valeurs traditionnelles. Moi moins. On a certaines traditions, mais certainement moins que de son côté.

J'avais pas vraiment envie de me marier à la base. En fait ça me tentait pas pantoute. Je trouvais ça trop compliqué pour rien. Pis cher. Mais pour lui c'était important, alors je l'ai fait, avec plaisir finalement. Il a même demandé la permission à mes parents avant de me le demander. Tsé, ce serait difficile d'être plus traditionnel que ça.

Dans ma belle-famille, toutes les femmes que je connais ont prit le nom de leur mari après s'être mariées. Moi j'ai créé un petit silence de 5 secondes à Noël l'an dernier quand j'ai dit à son oncle que non seulement je ne changerais pas mon nom, mais que je portais en fait celui de ma mère. J'aurais dit que je venais de Mars qu'ils auraient été moins surpris j'pense.

Pis là depuis la venue de Jets Junior, ma belle-mère nous écoeure pour qu'on le fasse baptiser. Elle a même décidé que mon fils allait porter la christie de grosse robe de princesse de baptême que mon chum a porté au sien. Pis dans sa famille, qui dit baptême dit "grosse réception avec toute la famille". Sans oublier les cadeaux (y'a comme une obligation vraiment malsaine dans ma belle-famille qui fait en sorte que tout le monde doit absolument toujours donner des cadeaux pour toutes les occasions possibles et inimaginables. Ça me fâche pis ça me met extrêmement mal à l'aise).

Mais nous, on se mentira pas, on va jamais à l'église. On s'est même pas marié à l'église. On a fait ça dehors, avec une célébrante absolument adorable qui a fait ça moitié en anglais pis moitié en français. À part pour des funérailles, notre enfant n'ira probablement jamais à l'église. J'trouve ça hyper hypocrite de prétendre qu'on va l'élever en bon petit chrétien.

Mais ma belle-mère, elle est insistante. Pis elle aime ça dire au monde (lire ici: moi) quoi faire. Elle fait pas ça méchamment, c'est pas une mauvaise personne. J'pense que c'est juste plus fort qu'elle. 

Alors j'essaie d'en prendre et d'en laisser, et de choisir mes batailles. Je l'ai laissé réorganiser mon tiroir à ustensiles à sa première visite dans notre condo. J'ai porté son collier de perle le jour de mon mariage, même si j'avais pour idée de porter celui que mon parrain m'avait fait. J'ai pas eu le choix accepté d'avoir un shower de bébé dernièrement quand on a été les visiter avec le p'tit. Pis je l'ai laissé décider de ce qu'il allait porter, même si je trouvais que ses skinny jaunes étaient ben plus hots que son habit cravate mauve. (J'trouve ça mignon un mini hipster moi)

Bref, j'avais même réussi à faire repousser le baptême à cet automne, en espérant que ça tombe dans l'oubli et/ou que la robe de princesse de baptême ne lui fasse plus à ce moment-là.

Mais lors de notre séjour là-bas la semaine passée, mon chum m'a dit, tout bonnement entre deux bouchées de sandwich: "Ouin on pourrait peut-être faire le baptême en cet été finalement?" 
Moi: "On avait dit cet automne, depuis quand on ferait ça cet été?"
Lui: "Ben ma mère m'en a parlé tantôt et elle voudrait faire ça cet été..."
Moi: "Ben mes parents vont être partis 2 mois cet été en voyage."
Lui: "Ouin, on ferait ça en juillet avant qu'ils partent..."
Moi: "Faque j'ai pas vraiment le choix, hein?"
Lui: "Elle aimerait vraiment ça... Tsé elle le voit vraiment pas souvent..."

Comme je me doutais que je ne gagnerais pas, j'ai donc négocié avec lui que tant qu'à faire ça l'été, j'aimerais faire la réception dans la cours de ma grand-mère (qui comprends une piscine) avec du BBQ, du blé d'inde, de la bière pis du vin pour tout le monde. Pas compliqué. Amenez vos maillots et venez célébrer la naissance de la 8ème merveille du monde (rien de mois tsé). Ma belle-mère est revenue quelques fois sur le fait qu'on pourrait louer une salle, qu'on pourrait s'informer sur le prix d'une salle, qu'on pourrait faire ça à l'intérieur, que de louer des tentes en cas de pluie pourrait coûter plus cher que de louer une salle- et autres variations sur ce même thème, jusqu'à ce que M. Jets vienne finalement à ma rescousse et dise: "Non, pas de salle, elle dit qu'elle veut faire ça dehors bon!".

Pis là j'me suis mise à penser. Trouver une église. Suivre les cours de préparation au baptême. Survivre à l'interminable cérémonie qui s'en suivra. Meh. Ça me tente pas du tout. Alors j'ai été faire un tour sur le site Web de la célébrante qui nous a marié et j'ai vu qu'elle faisait des "Cérémonies d'accueil d'enfant". J'ai donc commencé à vendre l'idée à mon chum: on pourrait faire ça dehors (pas besoin de s'enfermer dans une église qui sent le renfermé), ce serait fait par la personne qui nous a marié (j'aime l'idée, je trouve ça symbolique), et en plus ce serait bilingue (le bilinguisme est toujours ben winner en ce qui nous concerne). En plus on aurait pas besoin de se taper les rencontres préparatoires avec le curé! What's not to like??

M. Jets a pas dit non. Alors quand sa mère a ramené le sujet du baptême, j'étais prête et ai exposé mon idée. Pis honnêtement, j'ai eu ben du fun.

Moi: "La célébrante qui nous a marié l'an dernier fait des cérémonies d'accueil d'enfant. C'est un peu comme un baptême, mais pas religieux."
Maman Jets: "Ah. Mais ce serait pas à l'église?"
Moi: "Non on ferait ça dehors. Ce serait un peu comme notre mariage, elle ferait ça dans les deux langues."
Maman Jets: "Ah. Mais il serait quand même baptisé comme à l'église?"
Moi: "Ce serait pas officiel non. Il n'aurait pas de certificat de baptême, ce serait juste pour la cérémonie."
Maman Jets: "Uh?"

Elle a rien ajouté. Pis moi, devant son air à moitié ébahi moitié troublé,je lui ai sourit comme si rien n'était. Et à l'intérieur de moi, j'ai savouré ce moment. Beaucoup.

J'suis donc pas fine.

dimanche 6 avril 2014

Un coup parti


Y'a une affaire que je trouve pratique avec la langue de Shakespeare: t'as pas besoin de vouvoyer les gens. Ça t'évite le la question "J'le vouvoies-tu, j'le vouvoies-tu pas?" et le malaise qui s'en suit si jamais tu choisis la mauvaise option.

Alors bref, ma belle-mère étant anglo, je la vouvoie pas. 

J'ai par contre un autre dilemme: je sais pas comment l'appeler. Je sais, dit de même c'est weird. Explication:

Quand j'ai rencontré Maman Jets, j'ai pas eu à nommer son nom en sa présence. Genre dans une phrase comme "Est-ce que je pourrais avoir le beurre Maman Jets?". Jamais arrivé. Donc j'ai jamais eu à décider si je devais l'appeler Mme. Jets ou si je devais utiliser son prénom.

J'me suis rendue compte de ça plusieurs mois après. Et j'ai comme pas osé prendre cette décision passé ce cap. Tsé, si je choisis pas la bonne option, m'a avoir l'air fine. Donc je joue safe et accommode mes tournures de phrase pour qu'elles n'incluent pas son identité.

Mais là c'est pire. Ça va faire 3 ans que je suis avec son fils. 3 ans sans la nommer. Pis personne qui semble s'être rendu compte de rien. Comme y'est rendu un peu trop tard pour choisir selon moi, j'ai pas le choix de me lancer un petit défi personnel: voir combien de temps je peux réussir à ne pas la nommer. 

J'ai réussi quasiment 3 ans. J'peux ben m'essayer pour une autre vingtaine d'années un coup parti.

lundi 17 février 2014

Avec un grand M


J'ai longtemps hésité avant d'en parler ici. Parce que c'est vraiment pas le genre de blog que j'ai pensé avoir un jour.

Un blog de Maman. Maman. Avec un grand M.

Donc oui, j'en ai parlé un peu, mais pas officiellement. M. Jets et moi on s'est lancés dans le peuplage de la planète. Dans la fabrication d'un futur payeur de taxes qui va, si possible, contribuer à nos fonds de pension (en espérant qu'il en reste quand ce sera rendu notre tour tsé). 

On a créé un mini-nous. Une p'tite créature qui ressemble à son père mais qui, étant en retard de 9 jours, possède probablement lui aussi le gène de la dernière minute. Cute comme il est il peut se le permettre tsé.

Donc, depuis un peu plus d'un mois Jets Junior a fait son apparition chez nous. Au grand dam de Mlle B, qui semble manquer royalement de sommeil depuis son arrivée.

Je ferai pas le récit de mon accouchement- je mentionnerai tout de même que la péridurale est la plus belle invention au monde et j'écrirai probablement un jour l'histoire (malheureusement très vraie) de la femme qui partageait ma chambre à l'hôpital- et je vous épargnerez la description visuelle du contenu de ses couches. Et leur odeur.

Mais par contre faites pas le saut- il se peut que je parle de lui, des fois :)

mardi 10 septembre 2013

To Bruce or not to Bruce

J'ai travaillé une couple de mois avec un gars, à Montréal. On va l'appeler Bruce.

 Je l'aimais ben Bruce. Il avait ce petit humour ironique que j'apprécie chez les gens. Il criait jamais, même quand il était fâché. Quand il était stressé, on le voyait dans sa face. Fallait pas en rajouter. Fallait le laisser décanter, tout simplement.

Bruce venait de Toronto. Il devait avoir une quarantaine d'années.

 Il faisait un bon salaire. Madame Bruce ne travaillait pas, elle était toujours restée à la maison avec Bruce junior, aujourd'hui âgé de 12-13 ans.

 Ça faisait 10-15 ans que Bruce et sa famille habitaient au Québec. Pis Bruce, après 10-15 ans ici, il parlait toujours pas français.

 Un jour, dans la voiture, j'ai averti M. Jets:
Moi: J'veux pas que tu deviennes un Bruce.
M. Jets: C'est quoi un Bruce?
Moi: C'est quelqu'un, c'est pas une chose. Bruce c'est un gars avec qui j'ai travaillé. Ça doit faire 15 ans qu'il habite au Québec, pis il parle toujours pas français.
M. Jets: Ben non, je deviendrai pas un Bruce. Je veux l'apprendre le français, tu le sais.

 (Pause)

 Moi: Pis cet hiver, après 15 ans de mariage, Bruce a laissé sa femme pour une jeune de 25 ans avec qui on travaillait.
M. Jets: Ben là. J'veux être un Bruce!
Moi: Oui, mais Bruce il va s'appercevoir qu'il va en manquer sur sa paye. Il devait faire 150 000 par année. Après la pension et l'impôt, il va probablement lui en rester moins du tiers sur sa paye. Pis elle a gardé le jeep pis la maison.
M. Jets: Pas grave. Bruce c'est mon héro maintenant.

 Il est con mon chum. Mais crissement divertissant par contre, je l'avoue.

mercredi 4 septembre 2013

Quand on n'y peut rien

Mes cours de religion sont loins. Vraiment loins. J'me souviens plus vraiment de quand est-ce que je suis allée à la messe pour la dernière fois. Noël, probablement. Ou c'était peut-être pour les funérailles de la tante de ma mère? Ou de mon grand-père? Je sais plus. Si c'est le cas en tout cas, ça va faire 7 ans cette année.

Bref. Je suis pas ce qu'on peut appeler une croyante. Mon langage coloré parle de lui même. Le p'tit Jésus, personnellement, j'y crois pas trop je pense.

Je dis je pense parce qu'il me vient de temps en temps des relents de Christianisme.

Quand je ne contrôle rien. Quand je ne peux rien y faire. Quand il ne me reste plus qu'à attendre. Je prie.

J'me suis rendue compte que couchée dans mon lit, j'me croise les deux mains (comme si le seul fait de le faire rendait ma prière X fois plus puissante) pis je prie. Je commence habituellement avec une prière officielle. Le Je vous salue Marie. Ou le Notre Père. Ou le Je crois en Dieu. Ce sont les trois seules dont je me rappelle, du temps où je servais la messe le dimanche.

Ensuite, comme je disais, je prie.

Je prie pour ma grand-mère, parce que sincèrement, faudrait que ça finisse. M. Jets dit que je devrais pas dire ça. Mais sincèrement... Pauvre femme. On devrait pas avoir à finir de même. Faible. Fatigué. À regarder le temps passer entre le déjeuner, la sieste du matin, le dîner, la sieste de l'après-midi pis le souper. Ça me fait peur, de voir mes parents comme ça un jour. Que quelqu'un me voit comme ça un jour aussi.

Je prie pour M. Jets. Qui attend des résultats de tests médicaux. Pis j'ai peur. Même s'il me dit qu'il faut pas. J'peux pas le perdre. Pas maintenant. Pas jamais au fond. 

Je prie pour Junior. Si y'a ben une seule chose que tu contrôles pas dans la vie, c'est ben ça. Avoir un p'tit être qui grandit dans ton ventre pendant que toi, tant bien que mal, t'essaies de vivre ta vie le plus normalement possible. En t'inquiétant pas trop de tout et de rien. Parce que c'est connu, le stress, c'est pas bon pour le bébé.

Et je prie pour Mlle. Jets. Parce ce que ce serait ben l'fun que qu'elle connaisse son neveu un peu.

Je sais pas si prier sert à quelque chose, au fond. Mais ça me fait du bien. Alors je continue. Parce qu'à part prier, je ne peux rien y faire..

mardi 30 juillet 2013

Osti que non

J'me souviens, quand j'étais petite, y'avait 2 règles non négociables chez nous.

T'appelles pas les gens avant 10:00 le matin. Et t'appelles pas passé 9:00.

J'me souviens, le samedi matin, j'trouvais ça long attendre jusqu'à 10:00 pour appeler une amie pour l'inviter à venir jouer chez nous. Loooooooong.

Aujourd'hui, si tu m'appelles avant cette heure la fin de semaine, y'a des grosses chances que je ne réponde pas. De un j'entendrai pas mon cell qui va être en mode silencieux et de deux même si je suis réveillée, si t'es pas mes parents et que je ne craigne pas une quelconque urgence, y'a des grosses chances que je ne sois pas psychologiquement prête à te parler (à toi ou à n'importe quel être vivant autre que Mlle B, mon chat, ou Céline Dion, ma plante) Faut pas le prendre personnel. J'vais te rappeler. Juste à partir de 10:01. Probablement pas avant.

Même chose pour l'heure maximale pour appeler les gens. C'est toujours contre mes principes d'appeler passé 9:00. Moi j'suis comme ça. Ma famille est comme ça. J'ai passé un quart de siècle à vivre de cette façon. À dormir paisiblement le soir. À me réveiller fraiche et dispose le matin, entre autre grâce à ce règlement jusqu'ici respecté de tous.

Ben criss. Ma belle-mère, elle a toujours pas compris le principe.

J'me suis encore fait réveiller à 10:30 ce soir par le téléphone. Ça fait 2 heures que j'arrive pas à me rendormir. M. Jets, par contre, semble très bien vivre (et ronfler) la chose. Aussitôt le téléphone raccroché, il se rendormait.

Pas moi.

Alors sérieux, belle-maman, pour la énième fois: ON N'APPELLE PAS CHEZ LE MONDE PASSÉ 9:00. 

On fait juste pas ça. Osti que non. S'tu clair??

mercredi 24 avril 2013

En exclusivité...

J'ai du traduire mes voeux pour les invités.

J'aime bien écrire, alors ça n'a pas été trop difficile. C'est pas parfait, mais je ne le suis pas moi non plus. Alors c'est parfait comme ça.

Reste plus qu'à les dire. Samedi :)

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"Hey toi",

Te souviens-tu, c'était comme ça que commençait le premier email que je t'ai écrit? J'ai aussi ajouté quelque chose à propos de ton chien et de baseball, alors j'imagine que c'est comme ça que j'ai eu ton attention.

Et ensuite après quelques emails nous nous sommes rencontrés pour un café. Et avons parlé. Mangé des mini cupcakes. Marché. Puis pris un verre ensemble. Et je t'aimais bien. Et tu m'aimais bien. Je sais ça. Parce que tu m'as embrassé.

Ce jour-là, je ne savais pas que tu deviendrais mon copain. Je ne savais pas que moi et mes souliers on emménagerait chez toi peu de temps après. Je ne savais pas que je te demanderais de déménager à Montréal. Je ne savais pas que nous achèterions une maison ensemble et qu'un jour tu me demanderais de t'épouser. Et je ne savais pas que je dirais oui. Tu m'as fait vouloir toutes ces choses. Tu m'as fait rêver à tout ça.

Tu es une bonne personne M. Jets. Je crois que c'est la raison pour laquelle je t'aime tant. Être une bonne personne est probablement ce qui te rend tant un bon copain. Tu me rends fière. Fière de toi et fière d'être avec toi. Tu es intelligent. Responsable. Travaillant. Gentil. Drôle. Je n'ai jamais eu peur que tu rencontres mes parents, parce que je savais que même avec la barrière de la langue, ils te verraient à travers mes yeux et t'aimeraient.

Alors aujourd'hui, devant tous nos amis et notre famille, je veux te remercier pour toutes les choses que tu as faites et pour tout ce que tu as apporté à ma vie lors des 2 dernières années. Pour tous les rires, les discussions, les câlins, les baisers et même les désaccords. Pour le déménagement. Pour avoir bouleversé ta vie pour moi.

Je te promets que je ferai toujours tout pour te rendre aussi heureux que tu le fais pour moi. Sans trop te frapper :)

 Je t'aime, pour toujours.